Mon poulet, Davidés, Davido, Davidou, Varache, Vavache,
Mon Mr Nobody, mon pote la vie ne t’as jamais compris mais comme une amie, moi oui. C’est durant ces magnifiques 20 années d’amitiés qu’on s’est compris.
J’ai envie de dire que ta volonté de combattre le monde et d’être compris t’as dépassé, tu as mené cette bataille contre toi-même. Malheureusement c’était sûrement pas la bonne stratégie et tu n’avais pas les bonnes armes ni les bons ennemis.
Je citerai les mots de Keny Arkana notre artiste préférée, notre dernier moment/concert ensemble il y a 3 semaines, le monde est d’abord en nous même et changer le monde c’est d’abord se changer soi-même.
Triste constat, et oui on en a fais le même David. Nos interminables et profondes discussions me font penser que ton choix est le résultat d’un mal-être profond qui s’amplifier chaque jour depuis tant d’années. J’imagine que t’avais une aspiration à l’infini que t’as eu besoin d’identifier. Cette rage brute qui t’animais et qui nous fait comprendre aujourd’hui que la crise est humaine.
David, tu sembles avoir porté le thème de la différence et de l’incompréhension, mais aussi celui de l’expression et de la rencontre avec ceux qui se sentent eux-mêmes en marge. Ta souffrance est devenu plus grande que toi.
Mais comment imaginer devoir prendre la parole pour te rendre hommage aujourd’hui, si tôt et devant tant de monde pour toi ?
Préparez-vous les gars ça va être un peu long, je lui rends hommage avec ces mots parce que David et moi on avait ce tic commun de beaucoup parler.
Et justement mon David, on se souviendra des longues heures de débats interminables avec toutes tes convictions profondes et tes certitudes bien ancrées, de ton rire atypique qu’on pouvait entendre et reconnaître de très loin, des soirées à rien faire dans le Viel Istres, des litres d’IPA, de l’attente interminable quand tu devais finir une partie de Dofus ou juste rouler un joint, de notre passion pour Skins ou The office, du collège Pasteur où tu m’as demandé une feuille pour la 1ère fois, de tes coupes de cheveux loufoques, des mangas que tu me forçais à regarder ou bien quand tu me forçais à jouer aux échecs, à Guitar Hero, YugiHo, Isaac, Smash up et bien d’autres jeux dont j’ai oublié le nom, de ton Wilson alias Wilky ton plus fidèle ami, de ta façon de m’appeler “Ma Vava”, de tes pots de Nutella vidés à la cuillère, de l’escrime, de tes jeux de sociétés dont tu m’apprenais les règles et j’y comprenais jamais rien, de ta richesse de connaissance, de ton Holà ou Yoooo quand t’arrivais quelque part, des doubles appels que je te lançais en pleine partie, de tes amis virtuels qui ont énormément comptés pour toi, de tes gueulantes quand tu voulais qu’on t’écoute, de ta sociabilité, des teufs, des heures de cours séchées, de ton âme de scout, de la planche à voile, du stop, des chansons, le rap, de ta vision de la société, de ton côté sans filtre, de l’escalade, des marches inutiles juste pour boire une bière ensemble, de tes nombreuses conquêtes que je m’amusais à noter, des soirées chez ta mère, de ton côté révolutionnaire et révolté de tout, de ta sincérité, de ta profonde intensité, de la manière dont tu courais pour te déplacer d’un point A à un point B pour rien, des vidéos YouTube, de tes boulots de serveurs, du volume sonore de ta voix qui ne passait jamais inaperçu, de t’assoir par terre en tailleur, des moments où je faisais semblant de m’intéresser au sujet parce que ta passion t’envahissait, de ta sensibilité, de ton impulsivité, de ta maladresse, de ta manière de danser, et de tellement d’autre chose qui font toi, toi David et les moments de vie que tu nous a offert tout simplement. Tu aimais vivre dans le virtuel et tu t’es recréer ton propre monde pour te protéger du réel. Retrouve enfin ta lumière, celle que les gens qui t’aime ont su voir.
Tu méritais d’être aimé mon ami et tu l’étais tellement bien plus que tu ne le pensais.
On ne t’as pas compris et tu n’as pas compris. Personne ne s’est compris, mais là je comprends pourquoi tu aimais autant l’Odyssée d’une incomprise.
Envole-toi, apaise-toi, guéris-toi, aime-toi. On continuera à te faire vivre.
Ton Disney préféré c’était Merlin l’enchanteur. Je sais pas quel personnage tu voulais jouer mais tu as sacrément bien enchanté toutes les personnes qui ont croisé ta route. Comme tu me l’as toujours si bien dit, on ne guérit jamais vraiment de notre enfance et t’as décidé de finir ton film alors on vivra avec ton choix.
Malgré ton geste, on va continuer de croire en la vie et surtout en l’amour. C’est dommage que tu n’ai jamais voulu voir le soleil, l’éclipse de ce soir te va si bien mon ami.
Aujourd’hui tu nous joue l’Odyssée d’un incompris. Personne ne joue avec les mêmes cartes. J’aurai préféré que tu re-pioche plutôt que d’abandonner la partie. David, t’es un sacré roi tu sais et j’avais espoir que tu comprennes un jour les règles du jeu.
Bonne route mon poulet. Pars en paix. Tu vas me manquer.
Je t’aime pour toujours, ta Vavouille.